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Veiller et prier

Homélie du 28 novembre 2020

Prier c’est une veille en présence de quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui aspire à nous parler, à nous rencontrer, à nous dire quelque chose…

Avant de refermer le Livre pour le réouvrir lors de la prochaine année liturgique, il est intéressant de se demander quelles sont les dernières paroles que l’Ecriture nous adresse pour ce dernier jour de l’année liturgique.
Il est remarquable de penser qu’avec le Livre de l’Apocalypse, dont nous lisons une partie du chapitre 22, apparait l’Arbre de vie. Cet Arbre de vie dont on parle si peu dans la Bible si ce n’est tout au début, au Prologue, et aujourd’hui à l’Epilogue.
Il était au jardin d’Eden, voisin de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal lorsque que Adam et Eve sont allés se servir du fruit défendu. L’accès au jardin d’Eden fut alors fermé et donc l’Arbre de vie était inaccessible jusqu’à ce terme annoncé aujourd’hui. Cet arbre ne nous est plus présenté au coeur du jardin mais au centre de la cité, au coeur de la ville. L’Arbre de vie est le trône de Dieu au sein de la cité des hommes.
Comme si nous avions l’accomplissement de ce mystère de la vie et du salut avec pour l’Homme, l’accès à nouveau possible à Dieu au coeur de la cité et à cette vie en abondance, à cette vie éternelle.
Dans l’entre-temps, car nous ne sommes pas encore rendus à cette présence définitive de l’Arbre de vie au milieu de la cité, il y a une attitude spirituelle qui est déjà comme une entrée dans le temps de l’Avent, parce que nous la prendrons pendant tout ce temps autour de ces deux verbes : veiller et prier. Qu’est-ce qui pourrait compromettre la veille et la vigilance ?

Il y a deux choses: beuverie et ivresse qui sont la même chose car si j’abuse, je deviens ivre. C’est une chose extérieur à nous-mêmes et qui nous rend autre que nous-mêmes par l’excès de l’alcool ou d’autres stupéfiants. L’homme perd son identité.
Une autre forme d’aliénation, c’est de se laisser prendre par les soucis de la vie, d’être complètement immergé par ces soucis de la vie. Ce qui fait qu’on n’a plus ce recul, on n’a plus cette distance, on n’a plus cette identité profonde. Il est beau d’imaginer de penser que par moment nous devons prendre cette distance de la réflexion. On sait bien que le temps que nous traversons est très ambigüe. A la fois un temps très éprouvant pour beaucoup, pour les conséquences que cette pandémie peut avoir sur vous, mais c’est aussi un temps de réflexion. Un temps où on est amené à porter un coup de frein pour réfléchir un peu vers quoi on se dirigeait dans une course un peu effrénée dont on sait les conséquences.
Veillez. Ne soyez pas pris par une course, prenez ce temps de vous dire vers où courons nous et quelles en sont les conséquences. Veiller et prier.
Prier c’est une veille en présence de quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui aspire à nous parler, à nous rencontrer, à nous dire quelque chose. Quelqu’un qui aspire à se faire connaître de nous comme nous sommes appelés à nous faire connaître de lui, avec nos soucis, avec notre vie.
« Celui qui veille et qui prie », nous explique Saint Luc, « pourra se tenir debout, devant le Fils de l’Homme ». Cette quête, dans la prière, du visage de Dieu, nous aura tellement préparé à ce jour définitif de nos vies que, oui, nous pourrons se tenir debout en présence de celui que nous aurons cherché.
Le dernier mot de l’Apocalypse et de la bible chrétienne est « Maranatha », avec une grande aspiration : « Viens, Seigneur Jésus ». Ce mot, qui conclut l’année liturgique, est aussi celui qui va soutenir le temps de l’Avent dans lequel nous entrons ce soir.