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Renouvelons notre confiance en Dieu !

Le Seigneur est venu dans cette humble bourgade… – Homélie du 19 décembre 2020

« Nous pourrions souligner ce contraste entre ce récit de l’Annonciation faite à Zacharie et celle faite à Marie.
D’un côté, nous sommes au plus haut lieux d’Israël, à Jérusalem, dans ce monde des grands prêtres chargés du sacrifice dont Zacharie est un des membres, descendant de la tribu d’Aaron. Il a eu cette grâce d’être tiré au sort pour un acte plutôt rare et relativement privilégié : opérer le sacrifice de l’encens.
Il est troublant de penser que c’est au coeur même de ce sacrifice que lui est annoncée cette nouvelle inattendue. À un tel point que l’on pense que sa prière ne portait plus sur l’espérance d’avoir un enfant. Il s’estimait trop vieux, sa femme aussi. Il semble plutôt que son espérance soit tournée vers cette Israël et la venue d’un messie.
La bonne nouvelle de Gabriel, c’est de lui annoncer cette naissance qui, probablement, va rejoindre son attente messianique. Alors que Zacharie reçoit cette annonce de l’encens, le peuple saint, dehors, est là à attendre.
Contraste entre cette première scène dans la partie élevée symboliquement, religieusement et spirituellement d’Israël et puis, demain, l’humble village de Galilée, la province la plus méprisée. Et surtout Nazareth, un petit bourg. Qu’est-ce qui peut sortir de bon de cet endroit ?
En prenant ce parallèle, cela nous met de manière encore plus profonde dans ce mystère de l’incarnation. Selon toutes probabilités, si le Seigneur devait prendre notre vie humaine, on aurait plutôt imaginé qu’il le fit en arrivant à Jérusalem, au milieu du sacerdoce et des clercs.
Voilà qu’il vient dans cette humble bourgade, rejoindre encore une toute jeune femme, Marie dont les tableaux des grands maîtres aiment à représenter dans ses activités très humbles de la vie quotidienne. Très souvent, Marie est représentée en train de prier dans sa chambre avec le livre de la parole de Dieu ouvert sur ses genoux. Ou plus humble encore des actes de la vie quotidienne en assurant l’entretien de la maison.
Nous avons cette chance à Alençon d’avoir une des plus belles copies de la Casa Santa de Lorette, cette fameuse maison dont on nous dit qu’elle aurait été transporté jusqu’en Italie pour échapper à la conquête arabe. Il est beau de penser dans cette petite chapelle de Lorette, à l’entrée de la ville d’Alençon, quelque chose nous est révélé de ce grand mystère.
Les frontières entre le profane et le sacré sont totalement transformées, élargies, par ce mystère de l’incarnation. Le Seigneur vient habiter jusque dans les choses les plus naturelles, les plus quotidiennes voire même les plus humbles de notre existence. S’il y a un rapport profond entre Lorette et notre chapelle (Notre Dame de Nazareth), entre la vie quotidienne de la cheminée qui côtoie l’autel, de l’autre côté de la ville, au Sanctuaire, nous avons cette chambre qui est toute proche du lieu de l’eucharistie.
Le sacrifice opéré aujourd’hui n’est plus du tout celui de l’encens mais bien celui de nos vies, appelées à devenir magnifiquement, comme le dit la prière eucharistique numéro 3, « un sacrifice à la gloire du Seigneur ». « Un sacrifice d’agréable odeur » dit l’écriture. Voilà ce grand mystère que les deux Annonciations nous aident à peut être mieux percevoir. Voila ce à quoi nous sommes appelés à être: cette demeure du Seigneur qui fait que rien de la vie humaine ne peut lui être étranger. Tout est appelé à être ressaisi, transformé par sa présence.
Le deuxième contraste est la manière d’accueillir cela. Nous avons un Zacharie qui résiste, qui ne comprend pas cet événement vu leurs âges, ce qui va entraîner son silence. Il est étonnant de voir que Jean le Baptiste, qui est indiqué comme la Voix par rapport à la Parole, ait un père qui a été privé de cette voix jusqu’à sa mort. Dans tous les cas, la résistance de Zacharie à croire, à avoir confiance.
En revanche, après la légitime question « Et comment cela se fera-t-il ? » de la Vierge Marie à l’ange, arrive son ralliement, son accueil, son consentement: « Que tout se passe selon ta parole. »
Nous avons peut être les uns et les autres, des événements dans nos vies qui nous feraient presque douter du possible. Peut-être que ce matin, le Seigneur nous invite à renouveler notre confiance en Lui-même, dans ce qui nous résiste, comme pour nous révéler que la véritable sainteté est du côté de la justice de Zacharie et d’Elisabeth, qui accomplissaient parfaitement les écritures par la manière de correspondre à la loi et à la pratique. Mais aussi, la sainteté est cette souplesse qui nous permet de nous adapter, à travers les événements, à ce que le Seigneur nous demande.
Demandons cette grâce d’une sainteté fidèle et souple aux événements. Amen.