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Les images du Christ dans l’Évangile de Jean

Homélie du 5 mai 2021

À sept reprises dans l’Évangile de Saint Jean, le Christ nous parle de Lui-même. Il nous en parle à travers des images. Et chacune de ces images est introduites par un « Je suis ». Nous sommes parvenus, aujourd’hui, à la septième image. Pour en développer toute la richesse, nous gagnerions à évoquer cet itinéraire que Jésus nous propose.
Il y a d’abord, au chapitre 6 de Saint Jean : « Je suis le Pain de Vie. » A travers l’image de ce pain, à travers ces paroles : « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim. Celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif », le Christ nous dit quelque chose de Lui-même, essentiel à notre vie comme la nourriture peut l’être à notre corps. C’est une relation vitale avec le Seigneur.
Deux chapitres plus loin, arrive cette deuxième image : « Je suis la Lumière. » Il ne s’agit plus seulement d’aller vers le Christ, il s’agit désormais de le suivre : « Celui qui marche à ma suite, ne marche pas dans les ténèbres mais dans ma lumière. » Suivre le Christ, non seulement nous anime, mais aussi nous nourrit et nous éclaire.
Au chapitre 10 : « Je suis la Porte ». Le suivre jusqu’à entrer, jusqu’à pénétrer cette réalité à laquelle il veut nous conduire. Non pour nous y enfermer, puisque dans le même temps il nous dit qu’elle permet d’entrer et de sortir. Animé par un double mouvement, qui est un peu celui du sang vers le coeur : le sang monte vers le coeur et se répand ensuite, depuis le coeur, vers le reste du corps. Au fond, cette rencontre avec le Seigneur alimente en nous un aller-retour qui nous fait aller vers lui et aller, depuis lui, vers les autres.
Quatrième image  : « Je suis le bon berger ». Cette image prolonge la précédente en nous précisant un peu plus dans quel lien nous sommes conduits à entrer avec lui. Mais avant de le préciser dans les images suivantes, il nous fait percevoir que ce qui fait la bonté du berger, ce qui fait la vérité du pasteur, c’est qu’il est capable de donner sa vie – et de la donner pour ses brebis.
Cela rejoint la cinquième image : « Je suis la Résurrection et la Vie ». Autour de cette vie se joue quelque chose d’essentiel. Non seulement le Christ peut la donner, mais Il nous la donne parce qu’Il la reçoit. « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Quelque chose plus fort que la mort se joue dans cette vie, qui donne pour nous et qui promet aussi pour nous la résurrection.
La sixième image, dans le chapitre 14, est la suivante : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ». Ces paroles sont un peu comme une synthèse de sa relation au Père, à laquelle le Seigneur nous fait participer. Nous n’arriverons à aller au Père qu’en passant par Lui, et c’est pour cela qu’il est la Porte. Ce chemin, auquel il nous conduit, mène au Père. Il est cette porte véritable qui nous introduit à la communion avec le Père.
En attendant cette rencontre définitive, qui sera vraie et vitale, vient la dernière image : « Je suis le vrai cep, la vraie vigne. » L’importance des sarments pour se greffer, se brancher à ce cep, hors duquel nous ne pourrions que péricliter. Le Père entretient cette relation que nous pouvons avoir avec le Christ, comme le vigneron entretient la relation du cep et des sarments.
A travers les sept facettes de cette unité profonde que nous avons à vivre avec le Christ, et de ce que cette unité nous fait devenir, les spécialistes de la Bible rapprochent ce « Je suis » de la parole même que Moïse avait entendu quand il avait demandé : « Qui es-tu ? » au buisson ardent. Et le Seigneur avait répondu : « Yahvé, je suis ». Ce rapprochement nous invite à penser que Celui qui s’est révélé comme « Je suis et serai avec vous » révèle, à travers la personne de Jésus, cette manière que la Seigneur a de venir avec nous se révéler, et nous accompagner dans notre vie. Ce « Je suis » n’est pas prétention, il est tout simplement révélation de celui qui l’habite, révélation du Père, manifesté en la personne de Jésus et que Saint Jean nous montre à travers ces sept images qui ponctuent son Évangile. Amen.

La femme adultère (Jean 8, 1-11), Le Guerchin – 1621

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