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Le Christ nous envoie en mission

Homélie du 6 février 2021

Dans le langage courant, pour décrire un Chrétien, on entend souvent dire: « Il est croyant » ou « Il est pratiquant » au sens de la pratique du culte. On entend rarement dire « C’est un missionnaire », c’est à dire quelqu’un qui se sent investi d’une mission pour annoncer la bonne nouvelle du Seigneur.
Nous sommes missionnaires, sinon nous laissons en déshérence ce qui a été dit le jour de notre baptême à la suite du Christ: « Tu es prêtre, prophète et roi. » Alors évidemment, le jour où on fête Paul Miki et ses compagnons, on imagine la mission au bout du monde mais il faut d’abord l’imaginer ici, au plus près. L’une n’est pas exclusive de l’autre mais elles sont complémentaires.
Dans la lecture continue du chapitre de Saint Marc, depuis quelques jours, nous voyons bien que le Christ envoie en mission alors qu’il est lui même le missionnaire. Lui, qui annonce la Bonne Nouvelle. Mercredi, nous étions à la synagogue et il enseignait, rapporte le texte. Jeudi, il associait ses disciples à la mission en les envoyants deux pas deux comme pour souligner que la mission n’est pas solitaire mais c’est une démarche solidaire.
Hier, nous avions le récit du martyr de Jean-Baptiste. En autre lecture possible de ce texte, nous est renvoyée la question que nous envoie aussi les martyrs japonais d’aujourd’hui : jusqu’où sommes-nous capables d’aller pour la mission ?
Je ne crois pas que, spontanément, il y ait beaucoup de personnes qui aient le désir de finir la mission comme Jean-Baptiste ou comme les martyrs japonais. Mais si nous concevons que le martyr veut aussi dire témoin, peut-être existe-t-il une lecture qui ne va pas nous freiner mais bien nous envoyer.
Le texte du martyr de Jean-Baptiste, hier, nous renvoie vraiment à cette question de nos capacités. Vaste question, quand la marche du monde semble s’éloigner du projet de Dieu ! Mais à toutes les époques, la marche du monde, comme notre marche personnelle, s’éloigne du projet de Dieu.
La mission est complexe et comme dirait le Pape François dans la Lettre sur la Sainteté, la trame complexe des relations humaines nécessite de prendre du recul.
C’est ce à quoi invite Jésus aujourd’hui en faisant révision de la vie missionnaire. Ce recul, dans l’Evangile d’aujourd’hui, n’est pas une démission mais il est un désir de faire révision de vie pour se relancer et pour exprimer une disponibilité qui va se manifester dans ce texte. Qui d’entre nous, un jour ou l’autre, a fait cette expérience au moment où on a envie de souffler, de l’apparition de quelque chose qui va nous remobiliser pour garder cette disponibilité.
Les parents le savent bien, mieux que n’importe qui, avec les enfants. Zélie nous décrit tout cela abondamment quand, au moment de souffler un peu, arrive le besoin spontané de s’occuper d’un enfant dont la satisfaction ne peut pas être différée.
Il s’agit de rester dans une vigilance qui va jusqu’à la compassion nous dit le texte du jour. « Jésus fut rempli de compassion pour eux, en les regardant. Parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. »
La compassion, cette souffrance, cette extrême proximité qui fait qu’on est malheureux du malheur de l’autre parce qu’il n’a pas de projet de vie ni de chemin de salut. Il s’agit d’être disciple missionnaire et de prendre la route dans notre diocèse de Sées. Voici deux ans, nous commencions cette démarche: « Disciple missionnaire, prends la route! » C’est une démarche diocésaine, mais aussi universelle depuis vingt siècles.
Saint Paul, dans la Lettre aux Hébreux, nous indique un état d’esprit dans lequel nous pouvons avancer dans le sens de la mission. Premièrement, rendre grâce à Dieu en toute circonstance.
C’est compliqué quand tout va mal autour. Et comme nous sommes dans une période anxiogène, il faut vraiment faire l’effort pour rendre grâce en toute circonstance.
C’est un message d’une grande actualité. Être généreux et partager. Il ne suffit pas de regarder vers le ciel, il faut aussi regarder autour de soi, pour vivre une vraie charité.
C’est un peu la deuxième invitation dans le début du texte de Saint Paul. La troisième peut paraitre compliquée de prime abord: « Faire confiance à ceux qui nous dirigent ».
Il s’agit ici, essentiellement, de faire confiance à ceux qui dirigent la mission dans l’Eglise. Si nous passions tout le temps que nous passons à critiquer, parfois la hiérarchie de l’Eglise, à se mettre dans un climat de confiance, on gagnerait beaucoup de temps. Il s’agit de se mettre dans cet état d’esprit d’un titre qu’on ne peut plus dire au pape maintenant et qui était affiché dans les collèges, jadis: « Le serviteur des serviteurs de Dieu »
Toute responsabilité dans l’Eglise est un service, ce n’est pas une hiérarchie qui infantilise ou qui écrase. Mais c’est une hiérarchie avec laquelle il faut collaborer pour vivre la co-responsabilité dans la mission.
Nous avons une hiérarchie pour une bonne organisation avec le sacrement de l’ordre pour qu’il y ait de l’ordre dans l’organisation de l’Eglise mais c’est une organisation de services.
Vaste sujet pour chacun d’entre nous ! Nous accomplirons notre tâche avec la joie, sans avoir à se plaindre. Ne pas se plaindre, c’est très pratico-pratique ce que j’évoque mais que de temps passons nous à nous plaindre de tout et de son contraire !
Ce texte aux Hébreux est une invitation pour regarder avec attention tous ces textes que le pape François nous propose depuis le début de son pontificat et dont les premières lettres sont la joie.
La joie de l’Evangile, la joie du Christ, la joie du croyant. Ainsi, si nous entrons dans cet état d’esprit, nous accomplirons une belle oeuvre missionnaire par ses dispositions positives.
Ce sera un bel état d’être, avant d’entrer dans le faire.

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