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L’appel à la conversion avec Jonas

Homélie du 24 février 2021

C’est au coeur du Carême que nous pouvons voir plus clairement la conversion qui nous est demandée. Il existe une dimension communautaire de la conversion, comme indiqué dans la prière d’ouverture :
« Regarde, Seigneur, avec bienveillance ton peuple, qui cherche à mieux te servir. »
Nous avons une belle illustration de cette conversion communautaire, demandée au peuple d’Israël et à nous tous, à travers les deux lectures de ce jour. Deux lectures qui portent sur les deux signes de Jonas qui ne sont pas très glorieux pour lui.
Le premier c’est Jonas qui reçoit l’appel du Seigneur :
« Va, lève toi, et rends toi à Ninive apporter l’annonce et l’exhortation à la conversion. »
Jonas a eu peur et il a pris la tangente en prenant un bateau dans la direction inverse. Pendant cette fuite de Jonas, la tempête s’est levée et l’équipage a pensé que c’était à cause de cet homme qui était là. Alors, ils ont pris Jonas et l’ont jeté par dessus bord. Jonas s’est retrouvé dans les abîmes, dans le ventre du poisson. Il y est resté trois jours et trois nuits.
Il a fallu que dans sa prière, désespéré, il découvre cette bonté du Seigneur qui l’a tiré de ce mauvais pas en le libérant du ventre de ce poisson. Le Seigneur est alors revenu à la tâche en devant à Jonas d’aller à Ninive pour annoncer la conversion pendant trois jours en traversant la grande ville. A peine avait-il terminé la première journée que le coeur de ces païens s’était converti à l’appel du Seigneur. Et ce fichu Jonas, au lieu de se réjouir, il a fait la tête. Il était vexé car les choses ne se passaient pas forcément comme on lui avait dit.
Il avait bâti son petit plan, et il est surpris par l’extrême bonté du Seigneur et sa miséricorde pour ce peuple païen. Cela l’émeut, puis le bloque et l’enferme dans une bouderie.
Le signe de Jonas est à la fois très positif, celui qui sera l’accomplissement de ce qui s’est passé pour lui et c’est à cela que fait d’abord allusion notre évangile, à savoir cette manière dont le Christ lui même, englouti dans les abîmes de la mort, découvrira la manière dont le Seigneur viendra le troisième jour le libérer, le relever et par là, nous apporter le salut. C’est un signe annonciateur de la Pâques de Jésus.
Le second signe porte sur la conversion. C’est très émouvant de penser que c’est un peuple païen qui nous est donné en modèle aujourd’hui, si bien que, plus que le signe de Jonas, qui soit s’en fuit soit fait la tête, c’est le peuple de Ninive qui devient pour nous un signe de conversion.
En tant que communauté, il serait bon que nous fassions comme Ninive et que nous entendions l’appel de conversion que le Seigneur nous adresse.
Conjointement à la recherche de solutions aux défis actuels, comme celles que la médecine propose pour nous libérer d’une pandémie qui nous menace, il serait tout aussi important que nous, croyants, soyons laboratoire de cette conversion que le Seigneur nous demande.
Quel est la parole que le Seigneur nous envoie, à nous qui sommes le Ninive d’aujourd’hui ? Nous devons avoir la lucidité de faire résonner ces appels du Seigneur. Il me semble que le Seigneur nous adresse des paroles qui nous sont claires.
Je suis touché par la lucidité que le Pape François, à la suite de ses prédécesseurs, montre envers notre temps. L’encyclique Laudate Si invite à une conversion profonde.
Elle est écologique en ce qu’elle concerne la nature et l’environnement mais elle l’est aussi, plus radicalement encore, puisque la véritable écologie rejoint l’homme et son coeur, sa relation avec lui-même, sa relation avec les autres hommes.
Cette vision, si pertinente, des appels que le Seigneur nous adresse, pourrait être un élément de réponse. Élément dont il faudrait que nous soyons conscients, et auxquels nous devrions être sensibles, afin de ne pas attendre qu’un vaccin nous dispense de la conversion profonde que nous devons opérer.
Comme si, avec le vaccin, nous pouvions reprendre notre vie d’avant. Comme si ce n’était pas une leçon qui nous était adressée. Sans doute faut-il creuser dans notre foi, et aussi admirer ces gens qui n’ont pas la foi, comme à Ninive, mais qui reçoivent les appels à cette lucidité, et s’y engagent.
Profitons de ce temps de Carême pour faire ce petit travail… Et pourquoi pas lire Laudate Si, qui nous parlera de ces nouveaux Jonas d’aujourd’hui : ceux qui nous parlent, au nom du Seigneur, des conversions à vivre.
Portons cette intention dans la prière, pour qu’elle ne reste pas sans fruit dans nos existences personnelles et communautaires. Amen. 

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