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Alimentez sans cesse en vous cette force d’aimer !

Homélie de la Saint Valentin – 13 février 2021

Depuis le chapitre premier de la Genèse, le Seigneur nous redit ce grand projet qu’il a pour nous : nous créer à son image.
« Homme et femme, il les fit à son image et ressemblance ». Nous savons que ce projet s’inscrit dans le temps d’une histoire et que c’est à travers une lente maturation que se fait petit à petit cette ressemblance de l’homme et de la femme avec le Seigneur. C’est tout l’enjeu de notre vie. Il est bon de revenir vers cette grâce de l’origine pour laquelle nous sommes faits.
Pour les couples, des événements vous le permettent. Que ce soient les anniversaires de mariage, de rencontre ou encore la fête de la Saint Valentin… Ce sont des moments que vous pouvez vous donner pour laisser le Seigneur vous travailler, et creuser en vous sa ressemblance.

Il est certain qu’au sanctuaire des saints Louis et Zélie, premier couple canonisé en tant que tel, cette dimension nous est extrêmement présente et ce week-end Saint Valentin entend poursuivre cette belle rencontre avec le Seigneur.
Ce renouvellement passe par tout ce qui peut, en vous, alimenter ce « oui » prononcé. Cet amour qui vous unit, cet amour profondément ancré dans vos coeurs.
Mais il passe aussi à travers le sacrement de mariage qui est une démarche du Seigneur Lui-même : Sa bénédiction nuptiale est un don de son esprit pour alimenter en vous cette force d’aimer. Cette force qui, humainement parlant, peut parfois nous manquer.

Nous arrivons à ce moment de la lecture des premiers chapitres de la Genèse où nous découvrons cette faille, cette faille dans l’amour. Elle est admirablement décrite à travers la figure du serpent, cet animal fourbe, trompeur, qui arrive à se glisser jusque dans la relation qui unit l’homme et Dieu.
Avec cette question redoutable : Pourquoi le Seigneur aurait-il interdit que vous accédiez à cet arbre de la connaissance du bien et du mal ? Si vous y accédez, vous deviendrez comme des dieux. Au lieu de se rappeler de ce qu’ils sont créer à la ressemblance de Dieu, voilà que le serpent a introduit dans leurs coeurs un soupçon, une jalousie, une méfiance. Alors que toute leur vie de relation avec le Seigneur était confiance, abandon, amour.
Voilà que s’insinue ce que nous appelions le soupçon. C’est terrible par le repli que cela entraîne pour l’homme et la femme qui, ayant gouté à ce fruit, voient ce soupçon se répandre entre eux. « Qui t’a donné ce fruit ? C’est elle ! » Et elle qui se retourne : « C’est le serpent ». Cela touche profondément la relation de l’homme avec son Dieu.
Tandis qu’ils aimaient se rencontrer et Dieu parlant à l’homme comme à un ami, voilà que dans le jardin, le pas de Dieu, devient une inquiétude pour l’homme et la femme qui se cachent. Un drame de notre humanité qui vient perturber toutes les dimensions de notre existence. Quelque chose que nous pouvions regarder sans crainte, notre nudité qui est notre vulnérabilité, devient insupportable à l’homme et à la femme. Ils ne consentent plus à cette vulnérabilité. Ils s’en cachent, ils vont chercher les feuilles du figuier pour s’en protéger. Alors que dans un amour véritable à la manière de Dieu, bienveillant et miséricordieux, cette nudité et vulnérabilité n’est pas insupportable.
Vous remarquerez aussi combien terrible faute d’origine a pu avoir des conséquences dans les deux maux d’une relation perturbée, d’une domination qui vient troubler la relation conjugale. Cela a même des conséquences sur le monde, sur la nature et le sol. Ce sol devient maudit, dans les ronces et le travail difficile que l’homme devra combattre alors qu’il était invité à vivre une harmonie et une alliance.

C’est ce que nous dit avec beaucoup de pertinence le pape François lorsque nous parlant de la véritable écologie, il nous dit combien elle touche la relation avec l’univers, la nature. Mais combien elle rejoint aussi la relation entre les hommes.

En cette fête de la Saint Valentin, il s’agit de renouer cette alliance harmonieuse de nous avec nous-mêmes. De nous avec nos conjoints, de nous avec les autres, de nous avec le monde. Pour ce qui est des couples, j’aime à me rappeler les trois mots que le pape donnait à vingt mille fiancés lors de la fête de la Saint Valentin 2014, à Rome, Place Saint Pierre.
« S’il te plait », « Merci », « Pardon ».
Je me permettrais d’inverser l’ordre du pape si cela était un menu. En entrée, je vous propose « Merci ». Ce temps où on peut mesurer tout ce qu’on a reçu de l’autre, de ce « oui » qu’il n’a cessé de prononcer pour nous. Et combien ce « oui » prononcé par l’autre nous a rendu capable, nous aussi, de dire quelque chose de ce « oui » à l’autre.

Commencez par cette entrée de l’action de grâce, de ce merci qui vous fait vivre. Ce merci nous conduit aussi à la perception de cette deuxième étape qui constitue le plat de résistance car, par certains côtés, il résiste. A savoir, la demande de « Pardon ».
Je te demande pardon pour tout ce qui n’a pas été en moi ce « oui ». Tout ce qui a pu être repli sur nous mêmes. Au plan des mots, devenant malentendus parce que peut-être mal prononcés et difficilement audibles. Peut-être aussi des gestes mal accomplis ou non accomplis. Tout ce qui peut faire blessure à l’intérieur du couple comme bien sûr à l’extérieur.
En guise de dessert, « S’il te plaît » car cela adoucit la relation. Tout ce qui peut ressortir de notre échange et qui devient alors une demande exprimée, une attente entendue et comprise et une attention pour l’avenir dans la vie ensemble. Il me semble qu’il y a, à travers ces trois mots, le plat de ce que vous pouvez vous préparer l’un pour l’autre.
Mais il y a aussi le cadeau du Seigneur. Il y a rien moins que le don de son Esprit Saint. Ce qu’il vous a donné comme bénédiction nuptiale, comme ce qui va accompagner votre vie. Alimentez sans cesse en vous cette force d’aimer et d’aimer à sa manière.

L’alliance dans le sacrement de mariage, elle est humaine dans le « oui » échangé. Elle est divine dans le don de l’Esprit. Amen.

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