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« J’espérais de St Joseph sa conversion… »

30 avril 2021

Dans une lettre à son frère de mars 1874, Zélie rend grâce à St Joseph pour la conversion d’un malheureux, qui avait été abandonné par sa famille en raison de sa prodigalité. Elle y manifeste le grand désir de sainteté qui la tenaille : non pas seulement sa propre sainteté, mais surtout celle des autres, qu’ils soient proches (son frère, ses filles…) ou lointains, comme cet ami de son frère.

« Ta lettre est bien brève, j’aurais voulu avoir plus de détails sur la mort de ton pauvre ami Paul D. J’avais pris son salut à cœur, je priais de mon mieux et faisais une neuvaine en règle pour lui ; j’espérais de saint Joseph sa conversion, c’est pourquoi je suis bien heureuse qu’il ait fini en bon chrétien.
Je te félicite de la lettre que tu as écrite à son père et qu’il a lue devant moi. Tu as un talent particulier. C’était remarquablement dit ! Je me figurais qu’il allait être bien affligé en pensant à toutes les souffrances que son malheureux fils avait supportées et j’ai été bien étonnée de le voir poursuivre ses mêmes propos contre lui, à cause des seize mille francs que ce dernier a dépensés. Il veut, à chaque instant, se faire pardonner de l’avoir abandonné et laissé mourir dans la misère. Je n’ai pas trouvé moyen de placer une parole, j’ai fini par couper court et partir.
Il m’a beaucoup priée de le justifier auprès de toi et m’a demandé si je l’avais fait. Tu vois que je m’acquitte consciencieusement de le justifier ! Je m’en veux, mais c’est écrit, je n’y puis plus rien.
Je vois avec plaisir que tu es bien considéré à Lisieux ; tu vas devenir un homme de mérite, j’en suis très heureuse, mais je désire avant tout que tu sois un saint. Cependant, avant de désirer la sainteté pour les autres, je ferais bien d’en prendre moi-même le chemin, chose que je ne fais pas, enfin, il faut espérer que cela viendra.
Je t’écris aujourd’hui, car je ne sais quand j’en aurais le temps après. La petite Thérèse arrive définitivement jeudi ; c’est une charmante enfant ; elle est très douce et très avancée pour son âge.
Je pars lundi chercher les autres. J’ai reçu, voilà huit jours, de mauvaises nouvelles de celle que la tante appelle « la prédestinée ». Si on me la renvoie, tout est perdu, je n’ai d’espoir qu’en la laissant là-bas de longues années. Toi qui commences à devenir un saint, je t’en conjure, prie pour qu’elle reste à la Visitation. »

Les Lettres de sainte Zélie (Correspondance Familiale) nous fournissent maints exemples de la confiance et de l’efficacité des prières de la famille Martin à St Joseph :
« Je m’en vais faire une prière à la Sainte Vierge et à saint Joseph pour que le pharmacien du Mans se décide, si c’est pour ton bonheur. » (à son frère Isidore, en 1865)
« L’année dernière, j’ai fait une neuvaine {à saint Joseph} pendant son mois et je l’ai terminée le jour de sa fête ; neuf mois après, jour pour jour, il m’a exaucée. » (à son frère, 1868), etc.

C’est pourquoi, en ce jour de la Fête de ce saint Patron des Travailleurs, nous nous réjouissons avec Zélie, Louis et Thérèse, de la gloire céleste du Père adoptif de l’Enfant Jésus.

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